POUYE POIGNARDE À MORT SON FRÈRE LORS D’UNE BAGARRE

POUYE POIGNARDE À MORT SON FRÈRE LORS D’UNE BAGARRE

Une dispute a viré au drame dans un village situé à Diamniadio. Les faits se sont déroulés le 15 mai 2018 vers les coups de 21 heures. Ce jour-là, les éléments de la brigade de Diamniadio ont reçu un appel informant que le nommé Abdou Karim Pouye avait porté un coup mortel à Cheikh Pouye, son frère consanguin. Sans perdre de temps, les pandores se sont transportés sur les lieux. Où étant, ils ont mis la main sur le mis en cause avant de saisir l’arme du crime. Soumis au feu roulant des questions, le mis en cause a reconnu les faits en soutenant que les rapports avec sa famille se sont détériorés après la mort de son père. « On m’insultait souvent au sein de ma famille. Même dans la rue, les gens savaient que je suis né hors mariage (fils illégitime). Trois jours avant les faits, j’ai envoyé El Hadji Pouye pour qu’il parle avec la dame Rokhaya. Parce que cette dernière a mis des pierres à côté de mon canari. L’eau stagnait là-bas et ce n’était pas beau à voir. Mais, elle m’a insulté en me traitant de fils illégitime. Alors que je la frappais, on a appelé Cheikh et quand il est venu, sans se poser des questions, il m’a donné un coup. Il m’a même étranglé et j’ai riposté. Par la suite, Cheikh est allé chercher une machette et moi je suis allé prendre un couteau. C’est en tombant que Cheikh s’est blessé avec mon couteau », a-t-il relaté devant la Chambre criminelle.

Sa famille réclame 200.000 millions pour la réparation

Les propos du mis en cause ont été battus en brèche par les autres membres de sa famille qui ont été entendus dans la procédure en qualité de témoins. A les croire, Abdou Karim Pouye a commencé à changer de comportement lorsque son père est décédé. Il est devenu belliqueux avec tous les membres de la famille. Selon les témoins, le jour des faits, il a eu un accrochage d’abord avec la dame Rokhaya Ciss. Et c’est lorsque Cheikh est venu les séparer qu’il s’est bagarré avec lui. Pis, il est allé dans sa chambre pour prendre un couteau avant de donner un coup mortel à la victime.

Prenant la parole lors de l’audience, l’avocat de la partie civile a soutenu que c’est une affaire très délicate et dramatique à la fois. « Il y a mort d’homme à la suite d’une altercation entre deux membres d’une même famille. Ils vivent dans la même concession et partagent des liens de sang. Et le sang est sacré mais malheureusement nous avons en présence de nous en sa qualité d’accusé un monsieur qui à un moment de sa vie n’a pas fait preuve de maîtrise », a dit Me Ndiaye.

Selon la robe noire, la famille a subi une plaie qui sera difficile à guérir. « Il devait avoir le courage et la dignité d’assumer ses actes. L’aveu de ses actes auraient même permis de réparer cette déchirure que la famille a connue. Par ailleurs, il y a lieu de dire que les faits ne souffrent l’ombre d’aucune controverse dans la mesure où les déclarations des témoins établissent tout le contraire de ce qu’a dit le mis en cause. Sur la réparation civile nous demandons 200 millions », a dit l’avocat de la partie civile.

Le mis en cause encourt 20 ans de réclusion criminelle

Invitée à faire ses réquisitions dans cette affaire, la représentante du ministère public a soutenu que l’accusé était en colère contre tout le monde. « Les circonstances de l’affaire ne peuvent faire valoir une préméditation. C’est dans le feu de l’action qu’il est allé chercher un couteau. On peut écarter l’assassinat. On peut également le comprendre mais cette colère ne se justifie pas. Il a donné volontairement la mort à son frère », a dit le procureur qui a requis à son encontre 20 ans de réclusion criminelle.

Pour finir, la défense a demandé de comprendre l’accusé. « Mon client est en colère contre sa famille. A un moment donné il y avait une entente dans la maison. C’est depuis le décès du père que les problèmes ont commencé. Il faut comprendre pourquoi il est en colère. On l’a maltraité après le décès de son papa. On le traitait de « fils illégitime ». Il a fini par péter les plombs parce qu’il ne pouvait plus supporter les insinuations. Il a agi dans la colère et meurtre s’en est suivi. Je vous demande de le comprendre et de lui infliger une peine clémente. Pour ce qui est de la réparation civile, pour quelqu’un qui a des problèmes pour nourrir sa famille, il ne pourra pas payer les 200 millions. Donc au total, je vous demande de disqualifier les faits en meurtre et de revoir la somme réclamée par la partie civile à la baisse », a soutenu la robe noire.

L’affaire a été mise en délibéré pour jugement devant être rendu le 13 décembre prochain.

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